les disques durs, patrick bruel et le cpe
Désolé pour cette interruption momentanée de nos programmes, elle est due à ce [censuré] disque dur qui me plante pour la deuxième fois depuis trois mois (il en a six). Ca ne change guère de l'habitude, sauf que cette fois, j'avais des choses à dire. Mais je m'en vais me rattraper tout de suite.
Je commence par une petite note un peu anecdotique ; ce soir sur canal +, dans le "Grand Journal", on a interrogé Patrick Bruel sur le sujet du moment, le CPE. Et sa réponse, mesurée, limpide, méritait d'être entendue. De toute façon on ne pouvait en attendre moins d'un amateur de poker, homme de finesse s'il en est. Ladite réponse se décline en plusieurs arguments imparables :
Il n'est pas normal de faire passer une telle mesure sans une concertation poussée.
Le droit du travail, pour lequel certains ont donné leur vie par le passé, ne peut être balayé d'un revers de main.
Lorsqu'une mesure suscite un tel rejet massif, la démocratie dit l'emporter et il faut au moins renégocier, quitte à repartir de zéro.
Je souscris totalement à ces trois arguments, et je crois qu'ils synthétisent parfaitement toutes les raisons de retirer ce texte.
Ecrit par bluenote, le Mardi 21 Mars 2006, 21:48 dans la rubrique "anything else".


Commentaires
matdeste82
21-03-06 à 22:44
On peut toutefois arguer que s'il est des procédures pour passer outre la mauvaise fois des négociants et empêcher le blocage de la loi par la minorité , c'est peut être légitime.
Par ailleurs, il existe des voies de recours .
Le code du travail n'est qu'un ramassis de textes éparses dont les meilleurs dispositions, d'ordre publics, restent applicables pour le CPE.
Quand à l'ampleur du mouvement ? elle est tres relative. IL suffit de se rendre à n'importe qu'elle AG d'université pour comprendre ce qu'est un abus de minorité.
Par ailleurs, on peut regretter que certaines filières étudiantes aient choisies de faire correspondre certaines revendications catégorielles très discutables avec les mobilisations beaucoup plus légtimes sur le CPE : cela décrédibilise l'action des Contra CPE.Ainsi , nombreux STAPS se sont joins au manif concernant la reduction des postes proposés pour l'IUFM.
Finalement , on peut regretter une si grande mobilisation pour des pécadilles. Il eüt été plus judicieux de faire des propositions dans le sens d'une revalorisation des diplomes et des formations par le sabordages des filières poubelles, et de défendre des vrais mesures comme l'interdiction du stage non remunéré!
Matdeste82 pour une redéfinition du statut étudiant et une embellie chez les jeunes de France.
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Re:
bluenote
21-03-06 à 23:12
Message intéressant, même si je suis en désaccord sur presque tout. Je vais essayer de répondre point par point.
Premièrement, l'argument "bruellien" que j'ai fait mien, de la non-concertation, concerne essentiellement la concertation avec les syndicats. Villepin a la majorité pour lui, il est normal que la loi ait été votée. Ce qui est politiquement discutable c'est sa volonté de la faire passer sans en parler, ni aux partenaires sociaux ni au peuple, et spécialement aux jeunes, premiers concernés.
Le code du travail, à l'image de l'ensemble du corpus juridique français, est sans doute trop touffu, mais dans son esprit il reste fondamentalement nécessaire et mérite qu'on se batte pour le défendre. Avec le cpe il n'est pas aboli mais il devient inutile, du fait de la non-motivation : on peut licencier tout employé qui prétendrait exercer ses droits de travailleur (grève, arrêt maladie, etc), sans que cela puisse être récusé aux prud'hommes.
J'ai déjà évoqué le phénomène d'élargissement de la mobilisation, il est clair que le mouvement, en partie, prend une dimension plus importante que la simple remise en question du cpe. Il ne perd pas à mon avis en crédibilité, mais il risque de déboucher sur une révolte sociale majeure à plus ou moins long terme, si on laisse le phénomène s'amplifier.
Je ne crois vraiment pas que le cpe soit "une pécadille". C'est l'aboutissement d'un processus, c'est un symbole, mais c'est aussi très concrètement une mesure qui va changer considérablement le statut du travailleur, dans le sens d'une régression de ses droits et des quelques protections vitales dont il bénéficiait.
D'accord pour une vraie réflexion sur les formations (qu'il faudra toujours chercher à améliorer de toute façon) mais pas d'accord pour cette philosophie utilitariste qui veut "saborder" les filières dites non-productives. Ce sont elles qui font la grandeur d'un pays, qui lui donnent un avenir, qui justifient tout le reste.
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