mouvement anti-cpe (3)
Le jeudi, c'est manif. Celle-ci partait de Place d'Italie pour aller aux Invalides... Une petite trotte tout de même (4,6 km selon mappy). Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas parti de Jussieu mais directement de Place d'It' : l'occasion de prendre un métro archibondé de manifestants lycéens, pour une fois que c'est un bonheur d'être serré comme une sardine dans les transports...
Les chiffres organisateurs varient selon les sources (ici et là), mais grosso modo on devait être aussi nombreux que jeudi dernier. Côté composition, j'ai remarqué la présence massive des personnels des universités, de tous horizons, syndicaux ou non, ainsi que des lycéens de plus en plus nombreux. Dans le même temps la proportion d'étudiants semble se réduire un peu, ce qui s'explique par la fatigue accumulée - certains valeureux portent le mouvement à bout de bras depuis le 7 février. Quoiqu'il en soit, les efforts et sacrifices produits jusque-là méritent qu'on ne lâche pas prise - le plus dur reste sans doute à faire.
Enorme déception cependant, pour cette journée : ceux que les médias appellent "casseurs" étaient présents en masse à côté des manifestants, et après avoir émaillé tout le parcours d'incidents divers, heureusement en partie limités par le travail des différents services d'ordre, ils ont explosé à l'arrivée aux Invalides. Après avoir tenté le coup de force sur les lignes de CRS présentes, ils s'en sont pris aux manifestants eux-même, j'ai vu des manifestants frappés, des pierres voler. Sous l'impulsion des organisateurs, le cortège s'est alors rapidement dispersé, j'ai moi-même quitté les lieux plutôt dégoûté.
Clairement, comme le craignait il y a peu notre ministre de l'intérieur, le pourrissement de la crise du cpe risque de voir repartir celle des banlieues, mais cette fois à l'intérieur même de la capitale. Comme à l'époque, même si je regrette la façon dont elle s'exprime, je trouve leur révolte logique et légitime. Contrairement aux étudiants, ils ne sont jamais écoutés, jamais considérés, à moins de tout casser. Mais dans ce cas notre combat devrait être aussi le leur, puisqu'ils seront les premiers à pâtir du cpe et de cette prétendue "égalité des chances" qui institue le contraire de ce qu'elle proclame.
Ecrit par bluenote, le Jeudi 23 Mars 2006, 23:52 dans la rubrique "anything else".

