syriana
Un film qu'on a beaucoup comparé à Traffic, à juste titre : son format, basé sur des trajectoires individuelles qui se recoupent pour se fondre dans une intrigue plus complexe, est ici repris. Et c'est tant mieux, car si le thème choisi pouvait rapidement glisser dans le manichéisme, le traitement qui en est fait permet d'en aborder quelques-unes des facettes de façon intelligente et intéressante. Non pas que le film soit une pesante démonstration : au contraire, il s'agit bien, avant tout, de raconter des histoires, dont le point commun est de mettre en scène des personnages dépassés par les enjeux énormes.
A ce sujet, l'itinéraire du jeune ouvrier pakistanais qu'on voit progressivement s'engager auprès des islamistes, me parait tout à fait remarquable par sa finesse. Lorsque des hommes en viennent à se faire exploser dans un bus, ou contre des tours, il est plus que salutaire d'essayer de comprendre comment ils ont pu en arriver là.
Et sans doute, l'un des responsables est ce fameux or noir, personnage central du film, dont la seule présence réussit à pourrir toute une région du monde. S'il y avait un méchant dans ce film décidément tout en nuances de gris, ce serait lui...
Ecrit par bluenote, le Mardi 28 Février 2006, 21:32 dans la rubrique "sur l'écran noir".

