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taking the trane

Coltrane. Un géant. Un prophète. Un visionnaire.

Au début ça pique les oreilles encore trop impregnées de soupe radioformatée, et puis peu à peu le tympan se remet à vibrer, et rien ne sera plus comme avant : on est entré dans la musique de John Coltrane. On entend parler le saxophone, on comprend cette musique. Mais le Trane est déjà plus loin, comme son homonyme il file vers son destin... Son terminus ? Dis-moi Trane, là-haut, tu as bien emporté ton saxophone ?

Le jazz est une histoire de rencontre, mais difficile de rencontrer Coltrane : on arrive toujours trop tard... 1960 : à pas de géant, le grand Trane creuse un écart irrémédiable entre le jazz d'hier et celui d'après-demain. Tout son génie est déjà là, et les accompagnateurs - ceux de Miles, la crème des crèmes de l'époque - peinent à se mettre à sa hauteur. 1965 : amour suprême. Chef d'oeuvre absolu : si un disque mérite cette expression, c'est celui-là à coup sûr. En cinq ans le Trane a trouvé son quartet : Elvin Jones, Jimmy Garrison, McCoy Tyner. Cette fois, ça y est : plus que l'accompagner, ils le portent. Jusqu'au ciel.

Il faut écouter Giant Steps puis A Love Supreme, A Love Supreme puis Giant Steps... Pour comprendre ce qu'accompagner Coltrane signifie. Trois hommes l'ont fait : Elvin Jones, Jimmy Garrison, McCoy Tyner.

Ecrit par bluenote, le Vendredi 10 Mars 2006, 01:46 dans la rubrique "jazz et +".

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Commentaires

Blue Trane

lady domi

15-03-06 à 15:26

Coltrane... Il m'a fallu du temps pour accrocher... En plus, il n'y en avait pas beaucoup chez les parents, juste un en fait, peut-être offert par Jazz Hot ou Jazz Mag à la fin des années 50... Cette sonorité tendue me dérangeait un peu... mais cette version de «Violets for your furs» était si belle !

Je n'aime pas TOUT Coltrane, cependant. Et tiens, je me dis en ce moment que ce serait amusant de pouvoir l'entendre tout jeune, début années 50, quand (comme tous les ténors de l'époque !) il jouait du rhythm 'n' blues ! Ca devait être quelque chose...


Re: Blue Trane

Pascal

07-04-06 à 14:06

Puis se jeter à corp perdu dans my favorite things. Garrison n'est pas encore au rendez vous et déjà la version de 1961 sur l'album du même nom touche au géni pur. Après jeu de piste, il faut suivre  cette melodie qui sera tant jouée, restructurée, recrée, magnifiée ... new thing at Newport ...live at village vanguard again... live in Japan... peu de titres ont aussi bien porté son nom


Re: Re: Blue Trane

bluenote

09-04-06 à 15:39

Je n'ai qu'une des multiples versions de my favorite things, celle de l'album, où figure d'ailleurs une époustoufflante version de summertime (celui-là, par contre j'en ai un paquet de versions différentes).

Et puisqu'on est dans le chef d'oeuvre coltranien, peu après A Love Supreme je place Olé, sur Olé Coltrane, dix-huit minutes de transe absolue, McCoy et Elvin n'y étant d'ailleurs pas pour rien.


Re: Blue Trane

Félix

27-06-06 à 23:21

Au début des années 50, c'était plus à l'alto qu'il était, chez Jimmy Heath. Et il paraît que c'était déjà coltranien.


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