trois millions (bis)
Trois millions. "Historique", comme on dit... Le genre de chose qu'on ne voit pas toutes les semaines... Sauf que là, justement, si.
Franchement, je vous l'avoue, j'étais inquiet. J'ai dit ce que je pensais de l'intervention de notre Présiroi (merci à JV pour l'expression), mais la charge médiatique qui a suivi le week-end, et donc l'intervention du nouveau premier ministre de facto, Nicolas S., entendait clairement nous faire comprendre que le cpe c'était fini, qu'il ne fallait plus s'en faire et retourner chacun chez soi, les lycéens dans leurs lycées, les étudiants dans leurs facs, les salariés dans leurs boîtes, et surtout, hors de la rue... Dormez tranquille, braves gens, le petit Nicolas et ses amis parlementaires ump sont vos amis, et vous sauveront du grand méchant cpe.
Mais les français sont décidément des enfants bien indisciplinés, qui n'écoutent papa politique et maman média que quand ça les chante. Et en ce moment, ça ne les chante pas trop. Comme l'élève qui lève le doigt quand il s'aperçoit que son prof vient d'écrire une énormité au tableau, ils font remarquer que "motivation" et "justification" ne s'écrivent pas pareil, que dans "promulger" il y a "rendre applicable", que l'opposition du très néolibéral Sarko au cpe ne peut être que pur opportunisme (au fait, qui le premier a eu l'idée de ce cpe ?), et surtout que "j'embrouille", au présent, ne donne pas forcément "j'abroge", au futur...
On aura tout essayé : le passage rapide (merci 49-3), ni-vu ni-connu, le coup de la surdité, et maintenant le tour de passe-passe, l'exercice d'hypnose... Echec flagrant. Au lieu de le regretter, ils devraient être fiers de la capacité de résistance du peuple français. Ils ne nous méritent pas.
Ecrit par bluenote, le Mercredi 5 Avril 2006, 16:07 dans la rubrique "pensées".

