vivons-nous en démocratie ?
Démocratie n.f. : Régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même, sans l'intermédiaire d'un organe représentatif (démocratie directe) ou par représentants interposés (démocratie représentative)
La deuxième forme, aussi connue sous le nom de république, est à ne pas confondre avec la conception grecque de la tyrannie : en temps de crise, le peuple donnait les pleins pouvoirs à un homme capable selon eux de rétablir la situation. Dans la démocratie, fut-elle représentative, les dirigeants ne peuvent moralement faire ce qu'ils veulent, ils doivent s'efforcer à tout moment de représenter le peuple, car si à un instant le pouvoir n'appartient plus au peuple, alors on sort du régime démocratique. En résumé, comme le disait Bourdieu : "Suffrage universel ne vaut pas chèque en blanc".
Au lendemain du discours du président de ladite république à propos d'un sujet qui m'est cher (je ne suis pas le seul), je me pose une question simple, mais très dérangeante : le peuple français a-t-il encore le pouvoir de décider ce qui est bon pour lui ?
Il est possible que Jacques ou Dominique, ou la poignée d'hommes politiques qui défendent le CPE, soient plus intelligents que nous tous, et que leur opinion soit, au final, la meilleure pour la France. Mais si cette opinion, très minoritaire, est prioritaire sur celle de la majorité, alors nous changeons de régime : monarchie (gouvernement du plus sage) ou aristocratie (gouvernement d'un collège de sages).
A côté de l'enjeu immédiat de la mesure contestée, je vois un enjeu qui revient régulièrement sur la scène politique, peut-être avec plus de force ces derniers temps : il s'agit pour le peuple de regagner le droit de décider de son avenir, de sa politique. A chaque fois que celui-ci n'a pas voté comme on attendait de lui qu'il le fasse, je crois que c'est cette lutte qui se menait. Et l'ignorer comme toute la classe politique persiste à le faire me parait indigne et précipite le désengagement des français du jeu électoral.
Parce que je crois que le CPE est une mauvaise mesure, parce que les "concessions" du président hier soir ne sont qu'une entourloupe de plus (de trop), parce que je crois à la démocratie, je continuerai le mouvement, quelqu'en soient les risques. Et j'éspère, je crois, que je ne serai pas le seul. Et que la loi de la majorité finira par l'emporter.
Pour finir, en guise d'illustration à mon propos, n'est-il pas hautement symbolique qu'après avoir entendu le discours de M. Chirac, des jeunes se soient rassemblés en une manifestation spontannée pour essayer de pénétrer à l'Assemblée et au Sénat... Comme pour reprendre le pouvoir démocratique à ceux qui prétendent les en priver...
Ecrit par bluenote, le Samedi 1 Avril 2006, 17:38 dans la rubrique "pensées".

